Succession crypto : comment prouver la valeur des bitcoins d’un défunt
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Cet article n’a pas fait l’objet d’une relecture par un professionnel du droit.
Les actifs numériques entrent dans la succession comme tout autre bien, mais aucun relevé périodique n’en atteste la valeur au jour du décès. En l’absence de règle légale d’évaluation propre à ces actifs, le notaire est renvoyé au droit commun de la valeur vénale.
Les actifs numériques entrent dans la succession
Les actifs numériques (Bitcoin, Ethereum, Solana…) font partie du patrimoine du défunt et entrent dans la succession comme tout autre bien, sans qu’un texte particulier ait été nécessaire pour l’établir. Ils doivent être déclarés au même titre qu’un compte bancaire, un bien immobilier ou un portefeuille d’actions.
La loi PACTE du 22 mai 2019 n’a pas créé cette règle : elle a introduit une définition des actifs numériques à l’article L. 54-10-1 du code monétaire et financier, tandis que le régime d’imposition des plus-values relève de l’article 150 VH bis du CGI. Ni l’un ni l’autre ne concerne les droits de mutation à titre gratuit, auxquels ces transmissions sont soumises en application de l’article 750 ter du CGI.
La difficulté est ailleurs : contrairement aux actifs traditionnels, il n’existe pas de relevé périodique pour les actifs numériques. Les portefeuilles n’envoient pas de courrier, et la seule pièce que remettent souvent les héritiers est une capture d’écran non datée, inexploitable au dossier.
L’évaluation au jour du décès, sans règle légale dédiée
Pour les valeurs mobilières cotées, l’article 759 du CGI fixe une base d’évaluation. Cette disposition ne vise que les titres admis sur un marché réglementé : elle ne s’applique pas aux actifs numériques.
Il faut donc revenir au droit commun de la valeur vénale au jour du fait générateur, sans méthode prescrite. Concrètement, l’évaluation suppose de réunir :
- la liste des actifs détenus (Bitcoin, Ethereum, jetons ERC-20, etc.)
- les quantités exactes dans chaque portefeuille
- le cours de chaque actif en euros, au jour exact du décès
- la source de cotation retenue, et la raison de ce choix
Identifier les actifs du défunt
La première étape consiste à retrouver les portefeuilles et comptes du défunt.
Plateformes d’échange
Les héritiers peuvent contacter la plateforme avec l’acte de décès et un justificatif de leur qualité d’héritier. Selon l’importance de la succession, ce justificatif est l’attestation signée par l’ensemble des héritiers (successions inférieures à 5 000 €) ou l’acte de notoriété établi par un notaire au-delà. Le certificat d’hérédité autrefois délivré en mairie a été supprimé par la loi n° 2015-177 du 16 février 2015.
Portefeuilles auto-hébergés
Qu’il s’agisse d’un dispositif matériel ou d’une application, l’accès suppose la phrase de récupération. Sans elle, les fonds sont définitivement inaccessibles — ce qui ne les fait pas disparaître de l’actif successoral pour autant.
Historique des opérations
Les adresses publiques permettent de retracer les mouvements sur les explorateurs de chaîne, même sans accès aux fonds. C’est souvent le seul moyen de reconstituer ce qui est sorti du patrimoine du vivant du défunt, et de qualifier un éventuel don manuel rapportable.
Constituer la pièce justificative
Une fois les portefeuilles identifiés, le dossier a besoin d’un document qui atteste de la valeur retenue. Il doit porter :
- le type d’actif et la quantité
- l’adresse du portefeuille ou l’identifiant de la transaction
- la date de référence
- la valeur en euros à cette date précise
- la source de la cotation utilisée
La valeur en euros d’une opération à sa date peut être retrouvée à partir de l’outil de conversion ou de toute source de cotation datée et citable.
Déclaration de succession
Les actifs numériques doivent figurer dans la déclaration de succession, et sont soumis aux droits de mutation dans les conditions de droit commun. Sous-évaluer ces actifs expose à une rectification assortie d’intérêts de retard : d’où l’importance d’une évaluation documentée, dont la méthode est explicitée par écrit et conservée au dossier.
Historique des révisions
- — Correction de la procédure de justification de la qualité d’héritier : le certificat d’hérédité délivré en mairie a été supprimé par la loi n° 2015-177 du 16 février 2015. Précision sur la portée de la loi PACTE, qui n’a pas créé l’entrée des actifs numériques dans la succession.
Sources
- Code général des impôts, article 750 ter — consulté le
- Code général des impôts, article 759 (valeurs mobilières cotées) — consulté le
- Code monétaire et financier, article L. 54-10-1 (définition des actifs numériques) — consulté le
- Loi n° 2015-177 du 16 février 2015 (suppression du certificat d’hérédité) — consulté le
Cette note expose l’état du droit à la date indiquée, à titre d’information générale. Elle ne constitue pas une consultation juridique, fiscale ou notariale et n’engage pas la responsabilité de son auteur sur un dossier déterminé.